Le projet Beetrip : présentation générale

Le projet BeeTRIP (Transhumance Ressources Intoxications Performance) initié par l'ADARA avec le soutien scientifique de l'ITSAP et l'INRA vise à développer une nouvelle forme d'observatoire des ruches. Dans ce cadre, les ruchers ne sont pas fixes mais transhument sur différentes miellées pour se rapprocher d'une conduite courante des ruches d'une exploitation apicole professionnelle. Depuis 2017, l'ADA AURA a pris le relais de l'ADARA.

Ce projet mis en oeuvre dans le cadre du PEP apicole mobilise le soutien financier de la région Auvergne Rhône Alpes et du FEADER dans le cadre du Partenariat Européen pour l'Innovation. Il bénéficie également du soutien de la CNR et de la Fondation Lune de Miel.


 Objet et résumé du projet

Depuis plusieurs années, on constate un dépeuplement alarmant des abeilles dans le monde (enquête internationale COLOSS). Ce phénomène a de lourdes répercussions sur de nombreuses productions végétales mais également sur la filière apicole avec une diminution de la production de miel (source FranceAgriMer).
En Auvergne-Rhône-Alpes, la production des miels d’acacia et de châtaignier, miels qui représentent à eux seuls près de la moitié de la production régionale issue de plantes non cultivées (source enquête Récolte et Marché Chambre régionale d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes – CROF apicole 2011-2016), a fortement chuté au cours de ces dernières années et menace la pérennité des exploitations apicoles.

Ce présent projet a pour objectif de caractériser et d’évaluer les conséquences sur les ruches de production de trois parcours de transhumance très utilisés par les apiculteurs professionnels de la région : pissenlit-acacia-châtaignier, colza-acacia-châtaignier et fruitiers-acacia-châtaignier. Pour cela, les paramètres pédoclimatiques, la disponibilité des ressources et la pression chimique des différents environnements dans lesquels vont évoluer les colonies ainsi que leurs effets sur leur développement (état sanitaire, structure de la population) et sur la production de miel seront mesurés.


Dispositif expérimental :



Les variables mesurées :

Durant la période opérationnelle (mars à juillet), les données suivantes sont mises en ligne (voir ici) :

  • Dynamisme des colonies: structures des populations (ColEval®) et gain de poids
  • Pression pathologique: nombre de varroas phorétiques pour 100 abeilles
  • Pression toxicologique: contamination du pollen et de la cire. Lors des analyses toxicologiques, environ 400 molécules seront recherchées.
  • Disponibilité en ressources: analyses palynologiques, données météorologiques (T°, Pluviométrie), cartographie de l’occupation des sols.
  • Performances: poids des récoltes de printemps, acacia et châtaignier




Ce projet vise ainsi à améliorer :
-    la productivité des apiculteurs régionaux en les accompagnant dans leur stratégie d’exploitation par le choix d’itinéraire(s) technique(s) favorable(s) aux miellées d’acacia et de châtaignier.
-    l’environnement des ruches en permettant aux agriculteurs de mieux comprendre l’impact de leurs pratiques sur l’abeille et aux apiculteurs de sélectionner des parcours moins stressants pour leurs colonies.

Objectifs concrets et opérationnels du projet en réponse à des besoins identifiés
Les résultats doivent permettre de :

 

  • définir le parcours de transhumance le plus favorable à la production de miel d’acacia et de châtaignier,
  • élaborer des références sur le dynamisme des colonies et leurs performances dans le cadre des pratiques de transhumance sur le territoire régional,
  • élaborer des indicateurs de pression pathologique, chimique et de disponibilité en ressources utiles à une meilleure conduite du cheptel sur le territoire régional,
  • créer un contact réfléchi et structuré entre apiculteurs, agriculteurs et entre les structures techniques associées,
  • renforcer l’expertise des techniciens apicoles et agricoles sur les facteurs qui régissent les performances des colonies,
  • alimenter la base de données de l’observatoire des résidus de pesticides coordonnée par l’ITSAP.


Publics cibles et utilisateurs finaux
Ce projet vise en premier lieu les apiculteurs professionnels régionaux mais peut également toucher un public plus large d’apiculteurs, notamment les professionnels des régions voisines concernés par cette même problématique et ayant des parcours de transhumance semblables à ceux utilisés en Auvergne-Rhône-Alpes.
Grace à l’acquisition de références sur l’exposition des abeilles aux résidus de pesticides, ce projet permettra également de sensibiliser les agriculteurs sur le rôle de l’abeille dans l’agriculture, sur les effets que peuvent provoquer leurs pratiques sur le maintien des colonies et indirectement sur le potentiel pollinisateur dont ils dépendent. Cela pourra aussi les inciter à changer leurs pratiques.
Ce projet est également à destination de la sphère scientifique dans la mesure où il contribue à améliorer les connaissances sur la dynamique des colonies et sur les facteurs de stress qui l’influence via la publication des résultats expérimentaux.
D’autre part, le projet BeeTRIP permettra aux techniciens de l’ADA AURA de perfectionner leur savoir-faire technique (zootechnie, méthodes de prélèvements, d’évaluation des colonies, de pesée) et leur connaissances de la biologie de l’abeille (pathologie, toxicologie, alimentation). Ces savoirs seront valorisés et diffusés auprès des apiculteurs, agriculteurs et techniciens agricoles de la région Rhône-Alpes.

Plan d’action du projet
Ce projet se déroulera sur 4 ans (2016-2019). Dans un premier temps, une phase de préparation du projet permettra de gérer toute la logistique nécessaire à la réalisation des expérimentations et d’officialiser le rôle et l’engagement de chaque partenaire et des autres personnes impliquées dans le projet (apiculteurs louant leurs colonies). La phase d’expérimentation assurera le suivi des colonies sur le terrain et les différents prélèvements (abeilles, pollen). La phase d’analyse des résultats (analyse de l’ensemble des données récoltées et leur interprétation) succèdera à la phase d’expérimentation. Ces 3 phases seront ainsi répétées chaque année pour les 3 premières années du projet. La phase de valorisation de l’étude s’effectuera la dernière année et permettra le transfert et la diffusion des connaissances acquises tout au long du projet aux apiculteurs professionnels de la région, utilisateurs finaux de l’innovation, aux acteurs de la filière agricole et à la sphère scientifique. Pour chacune de ces phases, des échanges entre les partenaires auront lieu afin de garantir le bon déroulement du projet : cela correspond à la phase de coordination du projet.
L’ADA AURA assure le pilotage, l’animation du projet et la coordination entre les différents partenaires. Elle organise les réunions entre partenaires pour effectuer des points d’étape sur le déroulement du projet, l’interprétation des résultats et leur restitution. Elle gère les aspects administratifs et financiers en prenant en charge le montage de l’Appel à Projet : rédaction du protocole, soumission de ce dernier à un Conseil Scientifique, établissement du plan de financements. Elle s’occupe également de la redistribution, une fois perçues, des subventions aux partenaires.
L’ADA AURA joue également un rôle d’acteur en assurant la mise en place et le suivi des expérimentations sur le terrain, la préparation des échantillons (exemple : dénombrement des varroas sur abeilles…) et l’envoi de ces derniers aux différents laboratoires d’études. L’ADA AURA effectue aussi des analyses de données descriptives (analyses simplifiées, l’INRA étant chargée de l’analyse statistique des données) afin de pouvoir fournir dans un délai court des résultats intermédiaires retraçant les premières tendances observées à ses adhérents et aux personnes directement impliquées dans le projet : apiculteurs mettant à disposition leurs colonies. Enfin, elle assure le transfert et la diffusion des connaissances auprès :

 

  • des apiculteurs professionnels en leur mettant à disposition des références techniques pour mener à bien leur cheptel sur les miellés d’acacia et de châtaignier
  • du réseau des Associations de Développement Apicole  en  présentant les techniques et les outils employés au cours ce projet aux techniciens et apiculteurs adhérents des ADA des autres régions (l’objectif du réseau des ADA étant d’échanger et de partager sur leurs projets respectifs).
  • des acteurs de la filière agricole (professionnels et organismes techniques) en les sensibilisant au rôle de l’abeille dans l’agriculture et aux effets de leurs pratiques.
  • de chercheurs et de scientifiques à travers des colloques, des journées de recherche apicole…

L’ITSAP et l’INRA apportent un appui technique et scientifique pour la conception du protocole, l’analyse statistique des données, l’interprétation des résultats et leur valorisation.
L’ITSAP met à contribution ses compétences en biologie et en éco-toxicologie de l’abeille, et apporte son expertise technique pour la mise en place du dispositif expérimental. L’ITSAP se fera également le relais des actions conduites dans le projet BeeTRIP en favorisant la diffusion des connaissances acquises. Enfin, les résultats des analyses chimiques  seront intégrés dans la base de données de l’Observatoire des résidus de pesticides pilotée par l’ITSAP-Institut de l’abeille. Par ailleurs, ce partenariat sera en lien avec le Groupe Opérationnel de l’Observatoire des résidus porté par l’ITSAP, dans la mesure où l’ensemble des données du projet BeeTRIP seront consolidées dans cet observatoire national.
L’INRA grâce à ses compétences en épidémiologie, en statistiques et en modélisation analysera l’ensemble des données récoltées au cours du projet. Son expertise sera ainsi très utile dans la conception de modèles statistiques pour identifier les facteurs influençant les performances des colonies sur les miellées d’acacia et de châtaignier, et notamment évaluer la part de variabilité des performances associée aux parcours de transhumance. L’INRA permettra d’obtenir des résultats statistiquement solides pouvant être publiés dans des revues scientifiques.

  Votre contact pour en savoir + : Marion Guinemer / mguinemer@ada-aura.adafrance.org


Résultat de recherche d'images pour 'auvergne rhone alpes'




Fondation Lune de Miel